Cette semaine rencontrez Abdellah, étudiant de Kiron d’origine soudanaise (à gauche de la photo ci-dessous). A travers son témoignage, découvrez le parcours de reprise d’études d’une personne réfugiée.

Abdellah, 25 ans, a quitté la capitale soudanaise en 2016 pour rejoindre la France et réaliser son souhait de devenir développeur web. Il s’est confié sur son parcours lors d’une interview réalisée avec son ami étudiant et collègue Ali, qui fera également l’objet d’un portrait de #demandeurdavenir dans les jours à venir. En plus de l’arabe et de l’anglais, Abdellah maîtrise le français avec une aisance étonnante pour quelqu’un qui l’a appris en autodidacte, au fil des rencontres et des cours dispensés par des associations dans les rues de Paris. Abdellah a obtenu à ce jour le statut de réfugié.

« Ce n’est pas facile d’apprendre une langue, mais c’est nécessaire. Et surtout ça permet de mieux comprendre la culture, ce qui est indispensable pour être capable de travailler ». Abdellah a suivi pendant plusieurs mois les cours du Bureau d’Accueil et d’Accompagnement des Migrants (BAAM) créé suite à l’évacuation du lycée Jean Quarré au cours de l’été 2015, dans les rues de Barbès. Il bénéficie de l’aide d’un binôme francophone grâce à l’association TANDEM avec qui il pratique la langue, et s’entraîne en « regardant beaucoup de vidéos Youtube et à travers les réseaux sociaux ».

« Apprendre la langue c’est aussi intégrer la culture de travail du pays qui nous accueille. Voilà pourquoi je veux étudier et ne pas travailler tout de suite : je dois d’abord apprendre la culture de la communauté, assimiler la politique de travail et les codes du monde professionnel français avant d’être capable de travailler ». Abdellah est convaincu de l’importance des études pour affiner son projet professionnel et pour acquérir les clés de compréhension du métier de “développeur web. D’autant que bien des éléments diffèrent entre le pays anglophone d’où il vient et un pays francophone : « j’ai besoin d’améliorer ma connaissance du français au niveau professionnel, si je veux obtenir un emploi qualifié». « Je suis prêt à étudier jour et nuit s’il le faut pour gagner, pour m’améliorer, pour réussir ».

En parallèle des cours de français dispensés par Kiron, Abdellah suit la formation en ligne en informatique. « J’ai toujours voulu faire ça », nous annonce-t-il. Continuer ses études en France, après 2 ans d’études par correspondance au Soudan, apparaissait donc comme une  évidence pour lui, qui se dit « prêt à travailler très dur pour y parvenir ». Alors, quand un étudiant du Bristish Council lui a parlé de Kiron, il a sauté sur l’occasion. Fasciné par la technologie et passionné d’informatique, il s’inscrit au sein de la formation d’informatique de Kiron : « si tu observes autour de toi, tu t’aperçois que tout, les voitures, les avions, tout est informatisé. Et j’aime ça, je suis curieux de savoir de quoi tout est fait ». « Les nouvelles technologies sont partout pour faciliter notre quotidien. Grâce à l’informatique nous avons développé un autre mode de vie : nous avons remplacé la force physique par l’intelligence ». Une vraie philosophie de vie ! Abdellah souhaite être développeur web afin de « traduire des idées en langage informatique » et de participer à la création et l’amélioration de sites internet. Il étudie quasiment 3 heures par jour depuis son ordinateur fixe. « En fonction de la difficulté des cours quotidien c’est plus ou moins long. D’autant que je passe du temps sur internet à chercher des réponses ». Après seulement 3 semaines, Abdellah affirme avec fierté avoir accompli plus ¼  du programme. « C’est une plateforme que j’apprécie, même si c’est difficile ! ». Abdellah aide un autre étudiant également d’origine soudanaise, prénommé Ali, à suivre le programme de Kiron.

Abdellah espère accéder à l’université quand il aura achevé la formation de Kiron : « même si je n’y suis encore jamais allé en présentiel, Kiron me montrera le chemin pour y accéder ». Après cette déclaration, il a souhaité remercier les membres de Kiron pour leur sens de l’accueil  il y a énormément de choses à dire sur Kiron France, mais si je devais en exprimer une seule alors je dirais : la gentillesse ».

Article de Hélène Delaplace 

#demandeurdavenir est une série de portraits de personnes réfugiées et demandeuses d’asile bénéficiant des programmes d’éducation de Kiron France. Découvrez leur histoire !